Maison natale d’Hector Berlioz

Acquise en 1730 par la famille Berlioz , cette maison accueillera la famille Berlioz jusqu’en 1848 . 

Elle deviendra musée et sera inaugurée par le Ministre d’Etat Louis Herriot, le 7 juillet 1935.

La maison est ensuite cédée au Conseil Départemental de l’Isère en 1969. C’est lors du bicentenaire de la naissance d Hector en 2003 que le Conseil Général réalisera d’ importants travaux de modernisation du musée tel que nous pouvons le voir aujourd’hui.

Cette maison reste un très bel exemple d’habitation bourgeoise côtoise du XIXe siècle, ayant conservé tout le charme d autrefois.

Pour en savoir plus :

Classée Monument Historique 1942

Histoire

Construite en 1680 la maison est acquise en 1730 par l’arrière-grand-père d’Hector Berlioz tanneur de son état. Il la reconstruit presque entièrement pour lui donner l’aspect qu’elle a aujourd’hui sans la partie à la droite de l’entrée qui sera acquise tardivement par le Musée.

Son fils, Louis-Joseph, grand-père d’Hector y naitra le 27 décembre1747. Louis-Joseph, père d’Hector, y voit le jour le 9 juin 1776 et Hector le 11 décembre 1803.

C’est l’ainé d’une fratrie de 6 enfants dont 4 atteindront l’âge adulte : Hector (1803-1869), Anne-Marguerite dite Nancy (1806-1850), Louise-Julie (1807-1814), Adèle-Eugénie (1814-1860), Louis-Jules-Félix (1816-1819) et Prosper (1820-1839).

La famille y réside jusqu’en 1848 date du décès du papa d’Hector. C’est Adèle qui en hérite mais elle ne se résoud pas à la vendre. Ce sont ses filles Joséphine et Nancy Stuat qui vendent la maison à un commerçant en 1874. Ce dernier revend la maison à un épicier en gros M. Brunet-Manquat.

Le « Comité Berlioz » puis l’association « Les amis de Berlioz » fondée en 1831 vont tout mettre en œuvre pour en faire un musée. D’ailleurs, la salle des Lions du Château Louis XI est déjà aménagée en mini musée. C’est à l’initiative de Jean Celle, alors directeur de l’Ecole Supérieure de Garçons au Château, ami de Jongkind et admirateur de Berlioz ; qu’une petite collection d’objets et documents y sont présentés.

L’épicier acceptera de dédier l’une des salles de la maison à l’accueil de cette collection.

En 1832 madame Dumien rachète la maison et en fait don à l’association qui va prendre le nom de « Association Nationale Hector Berlioz ». Parmi ses membres on va trouver les noms de Charbonnel (pharmacien et petit-fils d’Antoine Charbonnel ami de Berlioz) ou Emptoz.

Le 21 juin 1885 on appose une plaque commémorative sur la façade de la maison.

Le premier musée est inauguré, en ces lieux, par le Ministre d’Etat Louis Herriot, le 7 juillet 1935.

En 1968, Jean Boyer, président de l’A.N.H.B, cède les bâtiments au Conseil Départemental de l’Isère qui va commencer les premiers travaux de rénovations en 1969. A cette occasion sont retrouvées les premières fresques de style Louis XVI du salon bibliothèque.

En 2003, bicentenaire de la naissance de Berlioz, le Conseil Général de l’Isère réalise d’importants travaux de modernisation du musée tel que nous pouvons le voir aujourd’hui.

 

La maison

Au-delà du musée lui-même, la maison, qui n’a subi que très peu de modifications depuis 1860, reste un très bel exemple d’habitation bourgeoise côtoise du XIXe siècle. Une distribution en étages, par un large escalier, avec les services en rez-de-chaussée, les appartements au premier, et les chambres aux étages. La façade Sud s’ouvre sur un petit jardin, la remise à calèche et l’écurie avec une sortie sur la rue du Fangeat par un beau portail de type dauphinois.

Un bassin, qui dénote un droit d’eau privé et donc la possession d’une captation dans le coteau avec une alimentation en tuyau de terre cuite.

Une pompe à bras sur citerne de récupération des eaux de pluie pour l’arrosage trône dans un angle.

 La cuisine a conservé tout son charme avec son évier de pierre, sa cheminée et l’alcôve de la domestique qui pouvait passer directement, par un escalier dérobé, dans la chambre des propriétaires. Au mur, un fusil qu’Hector offrit à ses fermiers de la ferme du Nan à Muriannette.

Les teintes et frises des pièces sont conformes à celles d’origine car retrouvées sous les tapisseries posées ultérieurement.

De la petite fenêtre de la chambre d’Hector on peut encore imaginer voir les feux de camp des autrichiens occupant la plaine ou entendre le bruit du marteau sur l’enclume du maréchal ferrant voisin qui « n’a pas peu contribué à développer en moi le sentiment du rythme dont mes ennemis prétendent que je suis dépourvu. »

La chambre des parents où naquit Hector le 12 décembre 1803 s’ouvre sur la rue de la République alors rue Nationale et c’est par l’une de ses fenêtres que l’on annonce « c’est un garçon, il s’appelle Hector !». Et la nouvelle fait le tour de la ville.

Le salon qui sert aux réceptions et où Hector, à 12 ans, présente un quintette de sa composition. C’est également là que se déroule la fameuse scène de la malédiction lorsque, revenu de Paris en 1824 pour défendre sa vocation de musicien il doit affronter le courroux de sa mère. Agenouillée et suppliante devant lui : « Tu me refuses, malheureux ! Tu as pu, sans te laisser fléchir, voir ta mère à tes pieds ! Et bien ! Pars, va te traîner dans les fanges de Paris, déshonorer ton nom et nous faire mourir, ton père et moi, de honte et de chagrin ! Je quitte la maison jusqu’à ce que tu en sois sorti. Tu n’es plus mon fils ! Je te maudis ! »

 

N.B. Il est étonnant de savoir qu’un petit musée dédié au peintre hollandais Johan-Barthold Jongkind fut installé dans une pièce qui est aujourd’hui la salle d’accueil, sans doute à l’initiative d’un collectionneur grenoblois, M. Laforge. Cette pièce souvenir fut supprimée en 1964 par Mlle Boschot qui ne souhaitait pas un mélange des genres.

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