Construit au XIIIè siècle par l’architecte Jacques de Saint Georges sur l ordre de Philippe 1er de Savoie alors que la paroisse de La Côte Saint-André dépend de la maison de Savoie , il est destiné à protéger la ville des incursions des soldats dauphinois.
Au 16e siècle, la ville est rattachée au Dauphiné et le château devient un lieu de manifestations officielles.
Les guerres de religion du 15e siècle laisseront le château en piteux état et c’est en 1869 que les frères maristes l’achèteront pour en faire un pensionnat.
En 1905 il est acquis par la commune pour installer l’Ecole Supérieure de Garcons, il devient en 39/40 hôpital puis à nouveau établissement scolaire jusqu’en 1968.
En 2005 il devient l écrin du prestigieux Festival Berlioz et est acquis par le Département de l’Isere en 2025 pour y créer un Centre Culturel de Rencontre dédié à la musique.
Pour en savoir plus :
Classé Monument Historique depuis 1945
Vers 1250, Pierre de Savoie fait l’acquisition du mandement de Bocsozel dont fait partie La Côte saint André. Son frère Pierre, désireux de faire de ce site une place forte en pays Viennois à la frontière du Dauphiné voisin, poursuit la fortification du lieu et la création d’une » ville neuve ». Ils confient cette tâche à « Maître Jacques » dit « Jacques de Saint Georges » du nom de la ville dont il est originaire : Saint Georges d’Espéranches.
Le plan de la ville est dressé avec son Château, ses remparts et son découpage en ilots à la manière des bastides du sud-ouest. Cinq rues orientées d ‘Est en Ouest sont recoupées par sept autres allant du Nord au Sud tout en laissant une place importante, en son centre, pour la place du marché sur laquelle s’implantera la Halle.
En 1263 les remparts de briques, appelées « savoyardeaux », s’élèvent.
En 1270, le canal des nouveaux moulins et les fossés de la ville sont creusés.
Entre 1275 et 1281 le château féodal est élevé sur le modèle de celui d’Yverdon en Suisse. « Quatre corps de logis flanqués de quatre tours rondes et tout autour un grand fossé avec une porte grillée à fausse herse à l’entrée ».
Vers 1300 la construction de la Halle est avérée.
En 1355, par le traité de Paris, cette possession savoyarde rejoint le territoire national lors d’échanges de territoires. Un siècle de possession savoyarde s’achève. Le Château devient Palais Delphinal.
Lorsque Henri II et Catherine de Médicis s’arrêtent dans la ville en 1548 ils sont hébergés dans la maison De Bocsozel au Sud de la Halle, la vétusté du Château ne permettant pas de les accueillir.
En 1568 les troupes catholiques de De Gordes et du Baron Des Adrets assiègent la ville protestante, détruisent les remparts et arasent le château.
De cette période ne subsistent qu’une partie en brique des remparts du château et l’une des tours arrasée dite tour des prisonniers. (Ce sont ces briques, récupérées lors de la destruction du rempart en 1562 que l’on retrouve dans les murs de certaines maisons de la ville, lorsque les crépis se découvrent)
Les restes d’une tour d’enceinte et le relief des remparts sont visibles, à la demande, sur et dans le cabinet d’analyse médicale de la maison De Chastenet.
C’est la famille Girard de Saint-Pol qui va procéder à la reconstruction et la rénovation du lieu : embellissement des abords, création des terrasses, de l’escalier monumental, des salles aujourd’hui classées par les monuments historiques dont celle des Lions.
C’est cette famille qui va occuper les lieux jusqu’en 1869 jusqu’au décès de la Marquise Marie-françoise.
Il est à noter que le jeune Déodat de Gratet de Dolomieu, né le 23 juin1750 à Dolomieu près de La Tour du Pin, séjourna peut-être à La Côte St André. Devenu géologue et minéralogiste mondialement connu on donna son nom au massif des Dolomites italiennes.
En 1789, la tourmente révolutionnaire finit d’abattre le restant des tours ainsi que la chapelle
En 1869 le château est vendu à la Communauté des Petits Frères de Marie communément appelés les Maristes. Ils projettent de créer un pensionnat appelé Saint Joseph. Ils vont entreprendre les travaux de surélévation d’un étage du bâtiment, de la terrasse avec son clocheton et construisent l’aile Est pour accueillir les cuisines, le réfectoire et des chambres aux étages. Environ 150 élèves seront accueillis dans ces lieux à partir de 1871 et jusqu’en 1904.
Sur le plan architectural les nouvelles constructions intègrent le style existant mais la pierre des croisées et les bossages sont réalisés en ciment moulé, une nouveauté pour l’époque.
Notez sur le haut de la façade Sud l’inscription « Saint Louis » qui renvoie non pas au fameux croisé Louis IX mais à Louis XIII qui mit son royaume sous la protection de la Vierge Marie en 1638.
En 1905 suite à la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat la commune achète le lieu pour installer l’Ecole Supérieure de Garçons.
Entre 1939 et 1940, l’armée occupera provisoirement les locaux en créant un hôpital complémentaire.
Puis « l’Ecole Sup » devient Collège avec adjonction de classes de lycée jusqu’en 1968 date à laquelle se fait le transfert vers les nouveaux bâtiments du pré de la Chère.
C’est à cette époque que le directeur Jean Celle, ami du peintre Jongkind et admirateur de Berlioz, installe le premier musée, dédié au musicien, dans la salle des Lions.
En 1977 on accole l’aile Ouest, dite Salle des Fêtes.
En 2005 le Festival Berlioz y installe ses spectacles et installe la couverture sur la cour d’honneur.
Depuis 2025 le Département de l’Isère, devenu propriétaire des lieux, projette d’en faire un centre culturel de rencontre.
N.B. Jean-Baptiste Davaux, né à La Côte-Saint-André en 1742 est le fils de Gaspard Davaux Conseiller du Roi et châtelain. Les Davaux auraient donc occupé le château si l’on en croit cette appellation. Il fut un compositeur à succès et un joueur émérite de mandoline et de violon. Il va monter à Paris où il va publier trente œuvres consertantes qui est un mélange de concerto pour solo avec la musique symphonique très en vogue à l’époque. Il fera jouer deux opéras comiques de sa composition devant Louis XVI à Versaille.
Conclusion
Le Château est appelé « Louis XI » en référence au jeune Dauphin placé par son père Henri VII à Grenoble où il transforme le vieux Conseil Delphinal en Parlement du Dauphiné. Des actes sont signés de son nom au Château de la Côte-Saint-André, lors de séances décentralisées du Parlement. Il venait également chasser dans la forêt giboyeuse qui occupait alors toute la plaine de la Bièvre.
L’histoire locale relatait le mariage, en ces lieux, de Louis le Dauphin avec Charlotte de Savoie en 1451 en donnant le nom de chambre du roi à la salle des Lions. Ce mariage se tint en réalité à Chambéry.
Hector Berlioz, dont le Festival a lieu ici chaque année, n’eut aucun rapport avec le Château et ses habitants de son vivant. Il n’en évoque d’ailleurs pas, dans ses courriers comme dans ses mémoires. L’aspect plus anecdotique réside dans le fait que la Marquise Marie-Françoise de Dolomieu (alors occupante des lieux, alors que le jeune Hector passait son adolescence à La Côte), mourut à 101 ans, en décembre 1869, à quelques jours du décès de notre musicien.